Les intolérances au gluten et à la caséine...

C'est tout un programme!

On a toutes les deux des enfants intolérants au gluten et aux produits laitiers. Cela fait plus de 14 ans qu'on explore ce domaine et expérimente en cuisine. On a eu tout loisir de pouvoir observer nos enfants et de voir les effets des aliments sur leur comportement et leur santé.

On s'est trompé, on a fait fausse route, on a fait des découvertes, on a baissé les bras par moment, on a dû trouver des solutions pour les camps, les tournois, le gymnase, les anniversaires, gérer les choix de végétalisme de nos filles, les envies des maris... tout en restant en vie et en tenant un budget. 

L’intolérance au gluten sous toutes ses formes:

 

Il est maintenant reconnu par de nombreux médecins Outre-Atlantique l’existence de l’intolérance au gluten non coeliaque. En octobre 2011, 15 médecins spécialisés se sont réunis à Londres pour clarifier la nomenclature relative aux problématiques créées par le gluten. En février 2012 l’article a été publié dans le journal BioMed Central « Spectrum of gluten-related disorders : consensus on new nomenclature and classification. » L’article est disponible ici : http://www.biomedcentral.com/content/pdf/1741-7015-10-13.pdf

 

Actuellement ces médecins distinguent 3 grands groupes de pathologies liées au gluten :

  1. L’allergie au blé, vérifiée par la présence d’anticorps IgE provoque une réaction immédiate.

  2. La coeliaquie: l’ingestion de gluten provoque l’atrophie des villosités intestinales.

  3. L’intolérance au gluten non coeliaque, autrement connue sous le sigle NCGS (non coeliac gluten sensitivity).

 

C’est bien de cette troisième possibilité dont nous allons discuter tout au long de cet article ainsi que de la caséine (protéine du lait) qui a des effets similaires chez les personnes sensibilisées.

Le Dr Rodney Ford, spécialiste de l’intolérance au gluten en Nouvelle Zélande, estime à l’heure actuelle que 30 % de la population souffre de ce problème. Dans sa clientèle il a pu vérifier que si l’un des enfants souffre d’intolérance au gluten il y a 50% de chance pour que la fratrie ait le même problème et 30% de chance pour que l’un des parents souffre également d’intolérance. http://www.drrodneyford.com/

Les effets du gluten sur le cerveau:

Lorsque les protéines des céréales et du lait ne sont pas complètement dégradées par la digestion, celles-ci franchissent la paroi intestinale et se retrouvent dans le système sanguin. Ces protéines mal digérées s’appellent des peptides.

Ces peptides alors transformées en «peptides opioïdes» vont se comporter dans l'organisme comme certains dérivés morphiniques et se fixer sur les récepteurs biochimiques spécifiques à ces substances. En occupant et en saturant les récepteurs, les peptides provenant du gluten et de la caséine mal métabolisés, vont alors entraîner des dérèglements du comportement et favoriser le développement de maladies auto-immunes et du système nerveux central (le cerveau).

Important ! Une molécule de gluten contient 16 molécules opioïdes.

La protéine franchit la barrière hémato-méningée du cerveau et y exerce ses effets pathogènes.

Les peptides opioïdes franchissent d’autant plus aisément la barrière hémato-méningée qu’ils en augmentent la perméabilité et sont retrouvés dans le liquide céphalo-rachidien. Ils perturbent l’apprentissage, l’affectivité, la socialisation.

Nourris au gluten, le rat perd ses facultés d’apprentissage, le chat adopte un comportement bizarre, les chatons, les chiots et les poussins ne pleurent pas lors du sevrage.

Le Pr. Reichelt d’Oslo a élargi cette recherche à l’autisme et a démontré, imité par d’autres auteurs, la présence quasi constante et à des taux élevés, de peptides opioïdes dérivés du gluten dans les liquides biologiques d’enfants autistes. Ceci ne veut pas dire que seule une alimentation sans gluten et sans caséine peut guérir l'autisme, cela veut dire que cela peut aider, plus ou moins selon les personnes. 

Pour affirmer la responsabilité d’une protéine alimentaire dans le développement d’une maladie, 3 conditions doivent être remplies :

  1. La protéine alimentaire franchit intacte, c’est-à-dire active, la muqueuse digestive.

  2. La protéine atteint l’organe malade, ici le cerveau, et y exerce ses effets délétères.

  3. L’éviction de la protéine incriminée amène la guérison ou l’amélioration des troubles.

 

Toujours selon le Pr. Reichelt, le régime sans gluten ni caséine permet une amélioration pour toutes les catégories de comportement chez 81 % des enfants en seulement 3 mois. Le RSGSC (régime sans gluten et sans caséine) a pour conséquence la diminution de peptides urinaires (environ de moitié en 6 mois), ce qui conforte leur origine alimentaire. Cette diminution est associée à une amélioration du comportement des enfants et les adultes peuvent voir une nette amélioration de troubles psychiques comme la dépression, l’anxiété, les troubles bipolaires et même la schizophrénie. MAIS cela ne suffit souvent pas, il y a toute une prise en charge nécessaire autour des troubles autistiques ou autres maladies psychiques. Cependant il est intéressant de noter que cela peut être d'une grande aide.